les journaux intimes de Gabriel Matzneff

L'oeuvre de Gabriel Matzneff : son journal intime




"Il est certes délicat de publier de son vivant un journal intime aussi impudique que le mien, mais je délivre ainsi mes héritiers de la tentation de le caviarder, ou de le détruire, quand je serai mort. Je n'ai pas envie que mes Carnets noirs subissent le sort des Mémoires de Byron."
Gabriel Matzneff, Vingt ans après, livret publié par les éditions de la Table Ronde en 1985




Cette Camisole de Flammes


Journal Intime, 1953-1962

La Table Ronde, 1976
Folio, 1989


"Je ne me connais qu'un devoir : celui de m'accomplir, celui de vivre pleinement le temps qu'il m'est donné de vivre", Folio p. 29 (1954)

"Mon besoin esthétique, mais aussi affectif du Christ orthodoxe. Je ne crois guère en Dieu, mais j'aime l'Eglise", Folio p. 35 (1955)

"Nos vices oeuvrent plus pour notre félicité que nos vertus", Folio p. 53 (1956)

"Le vingtième siècle, grégaire, bruyant, crasseux", Folio p. 64 (1956)
"Ce journal de Matzneff est le journal d'un irrégulier, d'un dissident. Non pas la foi, mais le sens du divin ; non pas l'espérance, mais le désespoir tonique ; non pas le bonheur, mais le culte du bonheur. Une quête ardente, continue, et impossible des êtres ; une violence et une jeunesse jetées dans des passions qui ne peuvent que renaître sans fin, et douloureusement ; une inaltérable puissance de renouveau."
Philippe de Saint Robert, Témoignage Chrétien



Résumé

Le lycée, les chevaux, la fac, les amours juvéniles, la solitude, la tentation du suicide, la découverte des maîtres à penser (Dostoïevski, Schopenhauer, Nietzsche), la fascination de la Rome païenne et de la fidélité à l'Eglise orthodoxe, l'amitié avec Montherlant, l'Algérie en guerre, le service militaire, les premiers pas dans la vie littéraire, Cette camisole de flammes, c'est l'adolescence et l'adieu à l'adolescence, l'entrée dans le monde des grandes personnes.
Dans sa préface, Gabriel Matzneff présente ainsi ce premier volume de son journal : "Cette camisole de flammes est le journal d'un adolescent rebelle, d'un jeune homme réfractaire, d'un outsider qui n'allait jamais cesser de l'être, se cher que cela dût lui coûter, car la seule chose que la société ne nous pardonne pas, c'est de ne pas jouer son jeu, c'est de n'être pas conforme. Etre différent, c'est être coupable."

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L'archange aux pieds fourchus


Journal Intime, 1963-1964

La Table Ronde, 1983


Résumé

"63-64, c'est l'époque où j'achève d'écrire Le Défi, qui paraîtra en mars 1965 ; où je retourne en Italie, en Algérie, et, pour la première fois, voyage dans un pays d'Europe orientale : la Tchécoslovaquie stalinienne de Novotny ; où je rencontre mon future éditeur, Roland Laudenbach, et aussi ma future femme, Tatiana Scherbatcheff ; où, grâce à la confiance que me font Henry Smadja, Philippe Tession et Henry Chapier, je donne libre cours dans Combat à mon tempérament de mousquetaire et de frondeur."
Gabriel Matzneff (extrait de la préface)


Voir aussi le Flyer édité par La Table Ronde lors de la parution en 1983

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Vénus et Junon


Journal Intime, 1965-1969

La Table Ronde, 1979
2ème édition, 1992


Résumé

Vénus, c'est le donjuanisme, l'inconstance, le libertinage ; Junon, c'est l'aventure du couple, la tentation du mariage, le sacrement de l'amour.
Mais les années 1965-1969, que recouvre ce journal intime, ne sont pas seulement celles où Gabriel Matzenff balance entre la drague, le suicide, le monastère et le mariage : elles sont aussi celles où il publie ses quatre premiers livres, qui font de lui l'écrivain le plus singulier et le plus intempestif de la jeune génération ; où, par son action militante et ses chroniques de Combat, il lutte pour les causes qu'il croit justes, en particulier pour les dissidents soviétiques (qui, alors, ne sont pas à la mode, en France).
"Je suis toujours innocent, et toujours coupable", écrit Matzneff. Pourquoi coupable ? Peut-être parce que trop orgueilleusement schismatique. Mais, si à contre-courant qu'il soit, un artiste n'est jamais aussi dissemblable qu'il se l'imagine, et nombreux seront les jeunes hommes et les jeunes femmes qui se reconnaîtront dans cette histoire d'amour, qui se retrouveront dans les passions contradictoires de Vénus et Junon.

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Elie et Phaéton


Journal Intime, 1970-1973

La Table Ronde, 1991


Résumé

J'avais épousé la femme que j'aimais, je participais intensément à la vie de l'Eglise orthodoxe, j'étais le chroniqueur de Combat, je m'apprêtais à publier mon sixième livre, tout allait bien. Et soudain, la fracture, la chute. Je me prenais pour le prophète Elie montant au paradis, et je n'étais que le présomptueux Phaéton précipité dans l'abîme.
Ces années 1970, 1971, 1972, 1973, sont donc pour moi celles d'une foudroyante crise amoureuse et religieuse ; elles sont également celles où Hussein de Jordanie massacre les Palestiniens, où Youri Galanskov meurt au Goulag, où De Gaulle et Mauriac disparaissent, où Montherlant se suicide.
Elie et Phaéton est le journal intime d'un romancier ; c'est aussi le témoignage d'un homme engagé dans la vie de son Eglise, de son pays, de son temps.
Gabriel Matzneff


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La passion Francesca


Journal Intime, 1974-1976

Gallimard, Coll. L'Infini, 1998


Résumé

"... C'est ainsi que je vous sucerai le coeur et le cerveau, comme on boit du Coca-Cola avec une paille. Jamais vous ne romprez. Je vous donne trop de plaisir. Si vous rompez, je vous rendrai fou. Vous êtes en mon pouvoir, et pour y échapper votre coeur devra saigner des litres et des litres de sang."
La passion Francesca est l'histoire d'un amour fou, de l'assassinat de cet amour fou et de la destruction morale d'un homme par la jeune fille à qui l'unissait cet amour fou.

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Un galop d'enfer


Journal Intime, 1977-1978

La Table Ronde, 1985


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Les Soleils révolus


Journal Intime, 1979-1982

Gallimard, Coll. L'infini, 2001


Résumé

«1979-1982 sont des années très anciennes, et les débauches auxquelles je m'y livrais appartiennent au passé. Je crois utile de le préciser, car je note chez certains néo-inquisiteurs une curieuse tendance à citer des passages de mes journaux intimes d'il y a vingt ans comme si je venais de les écrire, afin de me réputer pour pécheur endurci. Or si j'ai été un diable, voilà longtemps que je ne le suis plus. D'ailleurs, même au temps de mes diableries, je n'étais pas un mauvais diable. Les femmes qui m'ont aimé le savent, et mes amis, et mes lecteurs aussi. Inconstant, inconséquent, amoral, oui, souvent, trop souvent, et cela me remord, surtout la nuit, quand, invétéré insomniaque, je suis visité par les spectres de ma vie amoureuse, mais un homme méchant, qui fait le mal délibérément, non, je ne l'ai jamais été.»
Gabriel Matzneff


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Mes amours décomposés


Journal Intime, 1983-1984

Gallimard, Coll. L'infini, 1990
Folio, 1992


Résumé

Je publie mon journal intime afin de délivrer les héritiers de la tentation de le caviarder ou de le détruire. Si Dieu m'en donne le loisir, il paraîtra dans son intégralité de mon vivant. Je désire ne laisser aucun posthume.
Mes amours décomposés recouvre une période de mon existence particulièrement dissolue, donjuanesque : c'est le journal intime de ce qu'au XVIIIe siècle on appelait un mauvais sujet.
Gabriel Matzneff


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Calamity Gab


Journal Intime, Janvier 1985- Avril 1986

Gallimard, Coll. L'infini, 2004


Résumé

Moi, je resterai dans son souvenir comme une folie absolue, un amour-passion, une nostalgie. Ce n'est déjà pas si mal, quand on sait que la plupart des femmes n'ont aucun souvenir de cet ordre, qu'elles n'aiment pas les souvenirs, qu'elles n'ont ni le goût de leur passé, ni le goût de leur destin, ni - je ne sais plus ce que je voulais écrire, c'était assurément génial, mais je ne sais plus. La vérité est que je suis à moitié paf : le morgon, puis, après le morgon, un merveilleux porto de dix ans d'âge avec le roquefort, et, avant le morgon, une flûte de champagne offerte par le patron, bref, je suis PAFOUZE ("Vous êtes pafouze", me dirait Marie-Elisabeth, c'est un de ses mots), je ne peux plus écrire, tant pis pour mes précieuses pensées dont la postérité est gourmande, tant puis pour la postérité !
Gabriel Matzneff


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La prunelle de mes yeux


Journal Intime, 1986-1987

Gallimard, Coll. L'infini, 1993
Folio, 1995


Résumé

Ce livre aurait pu s'intituler La conversion de Don Juan. On y assiste en effet à la métamorphose d'un homme. On y voit un libertin renoncer à sa vie dissolue, pécheresse, et, grâce à l'amour d'une jeune fille, se transformer en ce qu'il croyait ne plus jamais pouvoir être : un amant fidèle, irréprochable.
Comme la jeune fille - une beauté fatale aux yeux bleus et aux cheveux blonds - n'a que quatorze ans, et que nos amants ont à leurs trousses une meute de citoyens vertueux, un délateur anonyme et la Brigade des mineurs, il doivent pour s'aimer braver bien des périls.
Gabriel Matzneff


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Les Demoiselles du Taranne


Journal Intime, 1988

Gallimard, Coll. L'infini, 2007


Résumé

Samedi 3 septembre, 20 heures, au Taranne. Hier, obsèques de Guy Hocquenghem. A l'église Notre-Dame-des-Champs j'ai lu l'êpitre de saint Jean (à la demande de Jean-Pierre Mignard et du curé - curieux curé qui, devant une assemblée composée aux trois quart de pédés, s'est cru obligé, dans son prône, de rompre des lances contre l'homosexualité). Après l'absoute, incinération au Père-Lachaise. Tendre présence d'Hélène. Durant l'horrible attente crématoire, sa main pressant doucement la mienne. [...]
Dimanche 4 septembre. A 17 heures, Annah viendra au Taranne, mais auparavant je vois Marie-Elisabeth qui, hier, m'a déposé une très belle lettre d'amour, de tendresse complice, où elle évoque une exposition où nous avions été, jadis, avec Guy Hocquenghem :
"... il y avait une espèce de légèreté dans l'air qui venait de vous deux ensemble..."
En sortant de cette expo (sur Vienne), Guy avait dit : "Bon, maintenant, on est cultivé pour un mois au moins !"
G. M.


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