L'œuvre de Gabriel Matzneff

C'est en 1965 que les Editions de la Table Ronde ont publié mon premier livre, le Défi. 1965-1985, vingt ans de vie littéraire et seize livres, dont quatorze sous la casaque rouge et blanche de la Table Ronde. Chacun de ces seize livres est le fruit d'une expérience existentielle, d'une brûlure intérieure. Je connais des auteurs qui font leurs livres avec ce qu'ils ne vivent pas, avec les fantômes de leurs désirs inassouvis. Moi, c'est le contraire : ce sont mes aventures, mes amours, mes épreuves, ma connaissance des êtres et du monde, qui nourrissent et irriguent mon travail. Pour écrire, j'ai besoin de vivre à fond les passions contradictoires qui m'habitent. Une telle activité prend beaucoup de temps; elle est, au sens propre du terme, dévorante. Quand je considère le chaos étincelant de mon existence, je m'émerveille, ce nonobstant, d'avoir publié seize volumes. Je n'y ai d'ailleurs aucun mérite, l'écriture étant, avec l'amour, l'un de mes deux remèdes contre la tentation du désespoir, et du suicide.

Gabriel Matzneff, Vingt ans après, livret publié par les éditions de la Table Ronde en 1985

Journaux Intimes

Il est certes délicat de publier de son vivant un journal intime aussi impudique que le mien, mais je délivre ainsi mes héritiers de la tentation de le caviarder, ou de le détruire, quand je serai mort. Je n'ai pas envie que mes Carnets noirs subissent le sort des Mémoires de Byron.

Récits

Romans

Mes romans sont des romans sur le temps et sur la mémoire. Créer des personnages, c'est fixer l'éclat fugitif de la vie ; c'est vaincre la mort. Véronique (dans Isaïe réjouis-toi) et Angiolina (dans Ivre du vin perdu) sont aujourd'hui plus réelles que les jeunes filles de chair et d'os qui me les ont inspirées ; elles continueront de vivre et d'émouvoir, longtemps après que leurs modèles ne seront qu'un peu de poudre au fond d'un cercueil.

Essais

Il est amusant que mon premier essai (1965) et le dernier (1984) aient inspiré à deux lecteurs, Frédéric Grendel et Philippe Sénart, la même image : celle du type qui descend dans la fosse aux lions. Mais l'un dit "en gladiateur" et l'autre "en martyr". Gladiateur et martyr, je le suis sans doute dans tous mes essais, y compris ceux que j'ai publiés ailleurs qu'à la Table Ronde : Les Moins de seize ans (Julliard, 1974) et les Passions schismatiques (Stock, 1977).

Poésies

Je ne suis pas un poète professionnel. Mes poèmes sont ceux d'un amateur et d'un amoureux, ce qui est d'ailleurs un pléonasme, car ces deux mots signifient la même chose. Poèmes d'amour, donc, strictement (!) réservés aux lycéennes.

Courriers Electroniques

L'émile, missive électronique, est un genre litteraire nouveau. Il succède au poulet, au billet, au pneumatique de jadis ; il suit, tel un sismographe, les variations de l'humeur, passe en un éclair de la colère à la joie, de la tendresse à la haine, du futile au sérieux, de l'enthousiasme au désenchantement.

Traductions

Les œuvres de Gabriel Matzneff ont été traduites en plusieurs langues: en italien (bien entendu !), mais aussi en espagnol, en catalan, en grec, en néerlandais, et même - récemment - en coréen. A quand une édition en langue anglaise ?

Liste des textes recueillis en volumes

Site Gabriel Matzneff - V. 2009 •
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