"Je ne suis pas un poète professionnel. Mes poèmes sont ceux d'un amateur et d'un amoureux, ce qui est d'ailleurs un pléonasme, car ces deux mots signifient la même chose. Poèmes d'amour, donc, strictement (!) réservés aux lycéennes."Gabriel Matzneff, Vingt ans après, livret publié par les éditions de la Table Ronde en 1985
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Alfred Eibel Editeur, 1977 |
La publication d'un livre de Gabriel Matzneff est toujours un événement. Celle de Douze poèmes pour Francesca l'est à double titre, puisqu'il s'agit du premier recueil de poèmes de Matzneff - qui jusqu'alors n'avait publié que des romans et des essais.
Sur ces douze poèmes, trois ont été écrits par Gabriel Matzneff durant son service militaire, et la guerre d'Algérie y porte son ombre douloureuse; les neuf autres lui ont été inspirés, entre 1973 et 1976, par l'adolescente qui donne son nom au livre, et qui fut, de quinze à dix-huit ans, sa maîtresse passionnée.
Les familiers de la prose brûlante et concise - le feu sous la glace - de Gabriel Matzneff retrouveront dans ce premier volume de poésie le lyrisme maîtrisé et l'émotion sobre qu'ils affectionnent; ils reconnaîtront aussi ces thèmes obsessionnels, ces génies musagètes de l'oeuvre de Gabriel Matzneff que sont l'amour et la mort, le désir de l'extrême jeunesse, la solitude, et le Christ, toujours mystérieusement mêlé aux évocations les plus voluptueuses.
Gabriel Matzneff fait partie de cette race d'écrivains dont l'écriture est le reflet fidèle de leur style de vie: ses livres sont autant de fragments de ses mémoires, de son "discours amoureux" dirait Barthes. Aussi sa poésie est-elle aux antipodes d'une poésie abstraite, conceptuelle; c'est au contraire une poésie concrète et sensuelle, une poésie faite pour être chantée, et sue par coeur. Qu'il évoque la souffrance dans un hôpital militaire, une nuit de Pâques à l'église, ou son amante de quinze ans, Gabriel Matzneff conserve toujours ce sens de l'incarnation, cette écriture musicale et vibrante où le verbe et la chair ne font qu'un.
Gabriel Matzneff est tenu pour l'un des meilleurs écrivains de sa génération. Certains disent: le plus grand. C'est Abellio qui lui écrivait: "Je ne sais si vous souhaitez être le chef de file reconnu de la génération montante, que vous êtes pourtant dans l'invisible..." Reconnu, Matzneff l'a déjà été par certains de ses aînés: Cioran, Julien Gracq, Jean Grenier, Montherlant, Jean Sulivan...; il l'est aussi par un nombre qui va grandissant de jeunes lecteurs/lectrices, "matznéviens" attentifs et fervents.Plaquette éditée à l'occasion de la publication de l'ouvrage en 1977
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La Table Ronde, 1984 |
Francesca est la lycéenne de quinze ans qui fut ma plus grande passion, et qui m'a inspiré le personnage d'Angiolina dans Ivre du vin perdu. Seize des quarante-deux poèmes qui composent ce recueil lui sont adressés. Après notre rupture, rendu à mon démon donjuanesque, je me suis consacré à ma "passion prédominante" qui, comme le chante Leporello dans l'air du catalogue, "est la jeune débutante". D'où les poèmes destinés à Maria, à Isabelle, à Agnès, à Marie-Elisabeth, à d'autres adolescentes encore, et qui sont soit des poèmes de drague (pour tenter de les séduire), soit des poèmes d'amour (lorsqu'elles sont devenues mes amantes).
Ce livre ne recevra pas la médaille en chocolat des associations de parents d'élève, mais j'espère qu'il me vaudra la tendresse des lycéennes qui le liront (en cachette).Gabriel Matzneff

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La Table Ronde, 2000 |
Ces quarante-deux poèmes, entièrement inédits, ont été écrits entre 1985 et 1999.
Quinze d'entre eux sont dédiés à Vanessa S., l'adolescente qui m'a inspiré le personnage d'Allegra dans Harrison Plaza ; cinq autres à Hélène P., la jeune fille qui m'a servi de modèle pour le personnage d'Elisabeth dans Les Lèvres menteuses.Gabriel Matzneff